Un voyage mémorable à Paris pour le sergent Dubois (Brunswick)

Fort Orléans, nommé en l’honneur du duc d’Orléans, a été la première colonie sur les rives de la rivière Missouri.

Le fort fut érigé en 1723 à l’embouchure de la rivière Grand, près de l’actuelle ville de Brunswick, par Étienne Véniart de Bourgmont. Il faisait face au village des Missouris et comprenait une chapelle qui fut la première église catholique dans la vallée du Missouri. Le premier prêtre résidant a été l’abbé Jean-Paul Mercier, originaire de Québec. Il mourut à Cahokia vendredi le 30 mars 1753 après 35 ans de service en missions étrangères dans la Grande Louisiane française.

La vallée du Missouri

Carte de la Louisiane publiée en 1718 par le géographe français Guillaume Delisle. C’est la première carte détaillée du golfe du Mexique, du fleuve Mississippi et de la rivière Missouri

Dans son journal La route à suivre pour longer la rivière Missouri qui a été le premier rapport de navigation sur le Missouri en 1714, Véniart décrit les terres des Premières Nations comme suit : « Ce sont les plus beaux pays et les plus belles terres du monde. Les prairies sont comme des mers. Elles sont pleines de bêtes sauvages, surtout des bisons, des buffles, des cerfs et des gazelles, qui abondent en nombre à tituber l’imagination. Les Autochtones chassent presque toujours avec un arc et une flèche. Ils ont de superbes chevaux et sont des cavaliers chevronnés ».

C’est grâce aux descriptions géographiques de Véniart que le célèbre cartographe français Guillaume Delisle a pu établir, dès le début du 18ème siècle, les premières cartes de la vallée du Missouri (voir ci-dessus). Il enseigna la géographie au jeune Louis XV et reçut en 1718 le titre de géographe royal, créé à cette occasion.

Cette œuvre d’art d’Ernest Léonard Blumenschien, affichée au deuxième étage du Capitole de l’État du Missouri à Jefferson City, représente le retour à Fort Orléans d’un voyage à Paris, France, organisé par Véniart de Bourgmont en 1725 pour un petit groupe de soldats des compagnies franches de la Marine et de Missouris. La scène illustre l’élégante robe parisienne portée par l’épouse autochtone du jeune sergent Dubois debout à sa gauche en tenue militaire bleu azuré. Le couple nouvellement marié est entouré de leurs compagnons de voyage amérindiens au plumage blanc et rouge. En arrière-plan apparaît la rivière Missouri à Fort Orléans.

Ce fait français d’Amérique est quasi inconnu des Américains et de la Francophonie mondiale.