Daniel Greysolon Dulhut, le pacificateur au Fond du Lac (Duluth)

Daniel Greysolon Dulhut au fond du lac (peinture Francis Lee Jacques)

Au 17ème siècle, les Ojibwés réputés pour leurs canots à membrure de bouleau et leur riz sauvage, et les Dakotas (Sioux) se partageaient la partie occidentale du lac Supérieur.

Convaincu qu’il était urgent, pour la Nouvelle-France, de pacifier ces peuples autochtones, Daniel Greysolon Dulhut, originaire de Saint-Germain-de-Laval, près de Lyon (France) et dix compagnons quittèrent Montréal le 1er septembre 1678 à destination du lac Supérieur. Le groupe emprunta la rivière des Outaouais et la rivière des Français jusqu’au lac Huron. Après avoir passé l’hiver parmi les Ojibwés près de la mission Saint-Marie-du-Sault, les intrépides Français atteignirent le fond du lac à l’automne de l’année suivante. Au cours de l’été 1679, Dulhut explora les villages sioux disséminés dans la région du lac Buade (aujourd’hui le lac Mille-Lacs dans le Minnesota). Le 15 septembre, les représentants des deux nations se retrouvèrent sur le site de l’actuelle ville de Dulhut (Minnesota) et conclurent non seulement une paix durable, mais aussi une alliance avec les Français réservant à ceux-ci, plutôt qu’aux Anglais, la totalité de leurs fourrures.

Là où naît le Mississippi

Lors de son incorporation en 1857, Duluth adopta le nom anglicisé du grand pacificateur qui fit des lieux un point fort du commerce des fourrures. Saviez-vous que de nos jours un quartier de Duluth s’appelle Fond du Lac en mémoire de cette aventure historique, que le mot Ojibwé « Nagaajiwanaang » signifie « où les eaux s’arrêtent », et qu’un groupe d’Ojibwés aux États-Unis prit le nom français de bande du Fond du Lac.

Le lac Itasca, là où naît le Mississippi, à droite (Photo DNR)

Daniel Greysolon Dulhut, fils de Claude Greysolon et de Marie Patron, arriva à Québec en 1674 et devint alors coureur des bois, explorateur, capitaine dans les troupes de la marine, et commerçant de fourrures. En service à Michilimackinac (aujourd’hui Mackinaw), il construisit des postes autour des Grands Lacs, notamment Fort Kaministiquia (devenu Thunder Bay, Ontario) sur le lac Supérieur et Fort Saint-Joseph (devenu Port Huron, Michigan) sur la rivière Sainte-Claire au nord de Détroit. On raconte dans l’histoire du Minnesota, vendu aux États-Unis par la France en 1803, que Dulhut aurait été le premier Européen connu pour avoir séjourné à Duluth et avoir visité les sources du fleuve Mississippi, au lac Itasca (photo ci-dessous). Il mourut à Montréal le 25 février 1710 et fut inhumé dans la chapelle des Récollets.

Les fleurs de lys sur le drapeau de la ville de Duluth, la quatrième plus grande communauté du Minnesota, honorent avec fierté les faits français de cette communauté au fond du lac. Le vert, le blanc et le bleu représentent les bois, la neige et les cours d’eau de la région.