Chez les Cansès, à Kansas City

West Bottoms (quartier français) (photo Blake Rudis)

La ville de Kansas City (Missouri) est située à la confluence de la rivière Missouri et de la rivière Kansas, un de ses affluents venant de l’Ouest, dans l’état voisin du Kansas. François Chouteau, petit-fils de Pierre Laclède, le fondateur de Saint-Louis, est considéré comme le fondateur de Kansas City.

En 1821, il créa avec sa femme Bérénice le premier poste de traite et établissement commercial de la ville, près de l’extrémité sud de l’actuel pont Chouteau, en aval de la rivière Missouri. L’établissement fut ensuite reconstruit plus en hauteur et plus à l’Ouest, vers l’embouchure de la rivière Kansas, à cause des inondations du Missouri. La petite communauté de commerçants et de fermiers établie à cet endroit, entièrement francophone, était appelée « Chez les Cansès ». Pour comprendre pourquoi, il faut remonter à l’origine de ce carrefour fluvial stratégique, pendant le régime français…

Chez les Cansès

Fontaines de Kansas City

 

 

 

 

 

 

En 1714, Etienne Véniart de Bourgmont remonta le Missouri et établit la première description officielle de la rivière. En 1718, Guillaume Delisle utilisa cette description pour réaliser la première carte de la région, où il mentionnait la « Grande Rivière des Cansez » (Cansès ou Kansas), au pays des Kansas, alliés des Français. En 1744, les Français construisirent le fort Cavagnial sur la rive droite du Missouri, au nord de l’embouchure de la rivière Kansas, où un village des Kansas se situait à proximité. Pendant vingt ans, ce fort contrôla le commerce des fourrures avec les Kansas et autres tribus du haut Missouri. L’embouchure de la rivière constituait un véritable carrefour stratégique de la traite des fourrures. En 1764, le fort fut cependant abandonné, après la cession de la Louisiane occidentale à l’Espagne…

Jusque vers 1840, la première colonie permanente de Kansas City, ainsi appelée « Chez les Cansès » (au village des Kansas) puis Chouteauville, resta entièrement francophone. Malheureusement, la grande inondation du Missouri de 1844 chassa les fermiers de ce qu’on appelait les « French Bottoms » (actuels « West Bottoms »), le cœur historique de la ville. On raconte que les vielles et les chansons des Français avaient disparu de ce quartier où il ne restait que… le chant des oiseaux et les cris des écureuils.